Pour mémoire :
- La masse d’un montage électronique est le point de référence des tensions (différences de potentiel) électriques d’un circuit. Il est relié soit au pôle négatif de l’alimentation (souvent), soit au pôle positif soit à un point milieu en cas d’alimentation double.
- La terre est la connexion éventuelle du montage avec la terre, le sol.
- La terre et la masse ne sont pas forcément connectées, quasiment jamais si l’on utilise une pile ou un accumulateur.
Le montage en théorie

Le but est de faire fonctionner le télégraphe à bande que j’ai reproduit en fonction du signal Morse reçu sur un récepteur de radio.
Pour cela il faut :
- Prélever le signal ;
- L’amplifier ;
- Filtrer le signal pour détecter une seule fréquence qui fera passer une broche du circuit à l’état bas ;
- Actionner des relais en fonction de l’état logique du filtre/décodeur. Ils mettent en route le moteur (dans le cas où il s’agit d’un moteur électrique) et actionnent le levier d’écriture par l’intermédiaire d’un électro-aimant. Le système à relais a été choisi en raison des forts courants de rupture des bobines de l’électro-aimant pouvant causer des dommages au circuit électronique. De cette façon les deux circuits, électronique et électromécanique, sont totalement séparés.
Le montage en pratique
Amplifier le signal ne présente aucune difficulté en utilisant un ampli intégré pour casque, genre LM386 ou autre. Il y a deux sources de prélèvement possibles : soit la sortie casque ou HP supplémentaire soit (c’est mieux en général) une sortie « ligne » positionnée la plupart du temps à l’arrière du récepteur et dont le brochage de la prise est donné dans la notice du poste.
Filtrer et décoder le signal seront parfaitement réalisés par le circuit intégré LM567 que l’on ajuste très facilement à l’aide d’un simple potentiomètre sur une fréquence précise.
En sortie de ce circuit, une broche passe à l’état bas (0V) en présence du signal audio et revient à l’état haut en son absence. En y connectant une LED munie de la résistance nécessaire on visualise ainsi le signal, transformant le MORSE en SCOTT, même si ce n’est pas le but ! (Bon endroit également pour y placer un décodeur « maison »). Voir une implantation possible en fin d’article.
Les relais destinés aux montages ARDUINO sont parfaits car ils contiennent une électronique qui les fait passer à l’état « travail » quand elle est mise au 0 volt, à la masse.
Tout donc paraît extrêmement simple et c’est effectivement le cas si l’on arrive à prélever correctement le signal BF du récepteur.
Avec la prise « casque » à basse impédance il va falloir tricher un peu car l’entrée du circuit électronique se fait à haute impédance (5-10 k). Brancher directement ne présente aucun danger pour les circuits, sortie et entrée, sauf que le son n’est pas très bon, parfois. La solution consiste à charger la sortie casque avec une résistance de 10 ohms (environ) et monter le potentiomètre en parallèle ! En fait, le potentiomètre n’est plus indispensable car le volume d’entrée se règle directement avec le poste.
Avec la prise du panneau arrière c’est généralement parfait, l’impédance de sortie étant de 5 à 10 kOhms, les notices le précisent.
OUI MAIS, il y a « ICOM » et en particulier l’IC7600…
Un problème improbable mais réel
J’avais terminé le montage et tout fonctionnait correctement et je pouvais observer les signaux avec mon oscilloscope. Comme tout était en ordre je retirai la sonde de l’oscillo. Quand je rallumai le montage, il ne fonctionnait plus, comme s’il n’y avait plus de son, et en poussant à fond le volume, cela fonctionnait de façon erratique sur des parasites !
Voulant en avoir le cœur net, je rebranchai l’oscillo et, miracle, tout fonctionnait parfaitement à nouveau. Je débranchai le point « chaud » de la sonde, tout continuait à fonctionner. Après divers essais je constatai que seule la connexion de « masse » avec l’oscillo avait de l’importance, même si l’appareil était éteint : c’était incompréhensible !
Pour la nième fois je consultai le brochage de la prise « ACC1 » de l’IC 7600 sur la notice et je n’avais pas fait d’erreur en soudant le cordon qui part d’une prise DIN de taille classique à 8 broches. Les fils étaient bien reliés aux bons endroits.
J’ai la fâcheuse tendance à lire « en travers » y compris les notices et ce fut mon erreur. Je finis par remarquer que le « pin » marqué « GND » était dit « TERRE » et non « MASSE » !
Je me dis alors que la « masse » de mon oscilloscope était probablement aussi reliée à « la terre » ! Pour en avoir le cœur net, je connectai un fil volant à la « masse » de mon circuit et je touchai le plot relié à la « terre » d’une prise de courant : cela se mit à fonctionner parfaitement ! J’avais résolu le mystère !
Maintenant il me fallait trouver un système pratique qui ne serait pas d’utiliser ce fil volant. En fait, c’était très simple : un fil soudé à l’intérieur de la fiche DIN entre le point marqué « GND » et la carcasse de celle-ci connectait la « masse » de mon circuit avec la carcasse du récepteur qui est mise à la terre de la station par mes soins en utilisant l’écrou papillon prévu à cet effet à l’arrière du poste.
Conclusion
C’était bien la première fois que je rencontrais ce problème avec une radio et j’ai pensé qu’il serait utile d’attirer l’attention des bricoleurs sur ce point pour leur éviter des heures de recherches inutiles (Des demi-journées ? Plus ?).
Quant à la morale de l’histoire c’est qu’il ne faut pas lire les notices en travers, même si l’on est sûr de soi pour l’avoir déjà fait des dizaines de fois et que si un industriel dit « TERRE » cela ne signifie pas « MASSE » et vice-versa.
Il existe une autre solution, plus élégante, car mélanger « masse » et « terre » n’est pas très satisfaisant en soi. Il s’agit d’utiliser un transformateur d’isolement.
L’enroulement primaire serait connecté aux broches côté poste récepteur et le secondaire au montage, créant une liaison inductive « flottante ».
J’y ai renoncé car un tel transformateur pour des impédances élevées d’entrée et de sortie serait certainement compliqué à trouver ou à réaliser.
Cela n’en vaut pas la peine pour un montage, somme toute expérimental et de démonstration.
Alain CAUPENE F5RUJ, juillet 2026